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La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027
information fournie par AFP 25/06/2026 à 13:26

Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris, le 21 avril 2025 ( AFP / JOEL SAGET )

Le ministère de l'Economie et des Finances, à Paris, le 21 avril 2025 ( AFP / JOEL SAGET )

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024 (3.306,1 milliards et 112,6% du PIB).

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

"Signaux au rouge"

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

Dans un rapport publié jeudi, la Cour des comptes a dressé un constat alarmant des finances publiques françaises, estimant que "tous les signaux sont au rouge". Elle a souligné que le ratio de dette de la France était "le seul de la zone euro à avoir dépassé le pic de la crise sanitaire" (114,9% en 2020) et s'est inquiétée de l'"augmentation massive" de la charge de la dette.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure, s'adresse aux députés à l'Assemblée nationale, à Paris, le 23 juin 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Le ministre de l'Economie Roland Lescure, s'adresse aux députés à l'Assemblée nationale, à Paris, le 23 juin 2026 ( AFP / Alain JOCARD )

Le ministre français de l'Economie Roland Lescure évoquait récemment lors d'un colloque un "coût de la dette record", indiquant que le service de la dette de l'Etat "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent".

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte

Mais la tâche s'annonce ardue. Pour la Cour des comptes, la cible de déficit "modeste" retenue par le gouvernement pour 2026 est "loin d'être acquise".

Le gouvernement table toujours sur 0,9% de croissance pour 2026, mais devrait revoir ses prévisions. La Banque de France a déjà abaissé les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% escomptés avant), et l'Insee table sur 0,7%.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a estimé jeudi à 6 milliards d'euros supplémentaires les coupes à réaliser pour tenir le budget 2026.

Face à cette équation budgétaire difficile, le gouvernement attend aussi en juillet les conclusions de quatre économistes, missionnés pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027.

26 commentaires

  • 14:37

    Mais quand allez-vous comprendre que macron veut la venue de la Troïka pour un massacre à la tronçonneuse !!!! après il pourra dire, c’est pas moi ce sont les commissaires européens !!!!


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